Corée du Sud · module socio-fiscal 2026
Le South Korea Labour Cost Lab simule le coût du travail en Corée du Sud à partir d'un profil salarié standard, célibataire sans enfant. Il combine le salaire minimum national comme référence salariale, les cotisations sociales côté salarié (retraite nationale, assurance maladie, assurance de soins de longue durée, assurance emploi) et côté employeur (les mêmes plus les cotisations exclusivement employeur : stabilité de l'emploi et formation professionnelle, fonds de garantie des créances salariales, accidents du travail), ainsi que l'impôt national sur le revenu du travail et la taxe locale sur le revenu (10 % de l'impôt national), présentés comme deux lignes distinctes.
L'objectif est de mesurer, sur une échelle allant de 0,80 à 6 fois le salaire minimum sud-coréen, la façon dont un won de salaire brut se transforme en revenu net pour le salarié, en coût total pour l'employeur et en prélèvements sociaux et fiscaux. 2026 est une année de changements multiples et concomitants (réforme de la retraite nationale, relèvement du plafond de cotisation, hausse du taux d'assurance maladie et du taux d'assurance de soins de longue durée, première revalorisation en dix ans du fonds de garantie des créances salariales) : chaque choix de modélisation est documenté explicitement dans l'onglet Méthodologie plutôt que d'être lissé silencieusement.
Du salaire net au coût employeur
Décomposition du passage du salaire net après impôt au coût employeur total, en distinguant la taxe locale, l'impôt national, les cotisations salariales et les cotisations employeur.
Graphiques complémentaires
Les graphiques suivants détaillent les salaires, les taux effectifs, la répartition entre cotisations sociales et impôts, le coin socio-fiscal et le rendement marginal du salaire brut.
Coût employeur, salaire brut et salaires nets
Comparaison du salaire brut, du salaire net avant impôt, du salaire net après impôt et du coût employeur selon le multiple du salaire minimum sud-coréen.
Taux effectifs de prélèvement
Taux salarié et employeur (cotisations sociales) et taux d'imposition national et local effectifs. Le plafond de la base de cotisation retraite nationale (~3,06x le salaire minimum) produit une baisse progressive des taux au-delà de ce seuil.
Décomposition détaillée des cotisations et des impôts
Montant mensuel de chaque ligne de cotisation salarié et employeur (retraite, maladie, soins de longue durée, assurance emploi, stabilité de l'emploi et formation, fonds de garantie des créances salariales, accidents du travail), ainsi que l'impôt national et la taxe locale.
Coin social et coin socio-fiscal
Comparaison du coin social avant impôt et du coin socio-fiscal après impôt sur le revenu (national et local).
Rendement marginal d'une hausse de salaire brut
Part d'un won supplémentaire de salaire brut conservée avant et après impôt sur le revenu.
Deux paliers étroits mais réels apparaissent autour de 2,71-2,72x et 4,64-4,66x le salaire minimum : le plafond du crédit d'impôt pour revenu du travail s'effondre presque comme une fonction en escalier sur des tranches très étroites de salaire annuel brut (voir Méthodologie, section 3). Il ne s'agit pas d'une erreur de calcul.
Indicateurs clés
Les indicateurs ci-dessous sont calculés au salaire minimum sud-coréen (multiple = 1).
Indice du Lab
Indicateurs d'efficacité salariale du coût du travail.
Aucun allègement employeur ciblé et dégressif n'est modélisé pour la Corée du Sud : l'indicateur Lab-R ne s'applique donc pas ici.
Indice du Lab
Lab-E = 100 × salaire net avant impôt / coût employeur.
Transmission marginale
Part d'un won supplémentaire de coût employeur allant au salarié net.
Progressivité implicite
Variation de Lab-E lorsque le niveau de salaire augmente.
Destination marginale d'un won supplémentaire de coût employeur
Répartition marginale entre salaire net, cotisations salarié et cotisations employeur.
Données
Le jeu de données sud-coréen peut être téléchargé au format CSV. Il contient l'ensemble des points de salaire simulés pour le profil standard : salaire brut, cotisations sociales, impôt national, taxe locale, coût employeur et indicateurs de coin socio-fiscal.
Données du profil standard
Salarié standard
| Multiple | Salaire brut (KRW) | Retraite salarié (KRW) | Maladie salarié (KRW) | Soins de longue durée salarié (KRW) | Assurance emploi salarié (KRW) | Net avant impôt (KRW) | Impôt national (KRW) | Taxe locale (KRW) | Net après impôt (KRW) | Retraite employeur (KRW) | Maladie employeur (KRW) | Soins de longue durée employeur (KRW) | Assurance emploi employeur (KRW) | Stabilité emploi / formation (KRW) | Fonds garantie créances salariales (KRW) | Accidents du travail (KRW) | Coût employeur (KRW) | Coin social (KRW) | Coin socio-fiscal (KRW) | Taux employeur | Coût / net après impôt |
|---|
Cotisations salarié = retraite nationale + assurance maladie + assurance de soins de longue durée + assurance emploi (volet allocations chômage). Cotisations employeur = les mêmes plus les cotisations exclusivement employeur (stabilité de l'emploi et formation, fonds de garantie des créances salariales, accidents du travail). Voir l'onglet Méthodologie.
Méthodologie
Le module Corée du Sud repose sur une simulation réglementaire du coût du travail pour un salarié standard, célibataire sans enfant, à temps plein. Le salaire brut est calculé comme multiple du salaire minimum national mensuel (2 156 880 KRW = 10 320 KRW/heure x 209 heures/mois, la convention statutaire coréenne de longue date pour une semaine de 40 heures incluant le repos hebdomadaire payé), unique pour toute l'année 2026 et sans variation régionale.
1. Retraite nationale (National Pension) : réforme et plafond
Le taux combiné de cotisation retraite passe de 9,0 % (4,5 %/4,5 %) à 9,5 % (4,75 %/4,75 %) au 1er janvier 2026, en une seule étape confirmée non phasée au sein de l'année, première étape d'une réforme programmée pour atteindre 13,0 % (6,5 %/6,5 %) vers 2033 par paliers annuels d'environ 0,5 point. Séparément, le plafond mensuel de l'assiette de cotisation est revalorisé chaque 1er juillet (ajustement annuel de routine, indépendant de la réforme) : 6 370 000 KRW du 1er janvier au 30 juin 2026, puis 6 590 000 KRW du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027. Ces deux périodes se partagent l'année civile à parts EXACTEMENT égales (6 mois chacune) : aucun critère de majorité ne permet de trancher, à la différence du cas chilien de ce Lab. Ce module retient donc le plafond en vigueur en fin d'année civile (6 590 000 KRW), le chiffre le plus récent et celui cité par la quasi-totalité des outils de paie coréens actuels. Au-delà d'environ 3,06x le salaire minimum, l'assiette de cotisation retraite plafonne alors que le salaire brut continue de croître : le taux effectif de cotisation retraite décline donc progressivement, un mécanisme réel et non une erreur de modélisation, en tout point analogue au plafond ZUS polonais ou au plafond UF chilien.
2. Assurance maladie et assurance de soins de longue durée
L'assurance maladie 2026 s'élève à 7,19 % du salaire combiné (3,595 %/3,595 %), en hausse de 0,1 point par rapport à 2025 (7,09 %). L'assurance de soins de longue durée n'est PAS un pourcentage direct du salaire : elle est légalement calculée comme un pourcentage DE LA PRIME D'ASSURANCE MALADIE elle-même (13,14 % en 2026, contre 12,95 % en 2025), un véritable calcul en deux étapes que ce module reproduit fidèlement (prime maladie d'abord, puis prime de soins de longue durée calculée sur cette prime), plutôt que de le réduire à un taux combiné plat. À taux non plafonné, ce mécanisme équivaut à 0,4724 % du salaire de chaque côté. Les deux primes sont soumises à un plafond mensuel combiné unique (9 183 480 KRW, employeur + salarié), qui n'est jamais atteint sur la grille de salaire 0,80x-6,00x de ce module.
3. Impôt national sur le revenu et taxe locale
Ce module reproduit la chaîne complète de calcul de la liquidation de fin d'année coréenne : déduction pour revenu du travail (barème à 5 tranches sur le salaire annuel, plafonnée à 20 000 000 KRW), déduction personnelle de base du contribuable (1 500 000 KRW/an), déduction intégrale des cotisations retraite du salarié, déduction intégrale des cotisations maladie + soins de longue durée + assurance emploi du salarié, puis barème progressif national à 8 tranches (6 % à 45 %, avec abattement forfaitaire cumulé repris directement de la table du NTS). Le crédit d'impôt pour revenu du travail (55 % des premiers 1 300 000 KRW d'impôt calculé + 30 % au-delà, plafonné selon un second barème fondé sur le salaire annuel brut) est ensuite soustrait : bien que non explicitement demandé, ce crédit est modélisé en totalité car l'omettre aurait sensiblement et faussement surestimé l'impôt sud-coréen -- il est automatique et universel, sans condition familiale. Ses paliers de dégressivité entre 70 et 70,32 millions de KRW de salaire annuel, puis entre 120 et 120,6 millions, sont extrêmement étroits et se comportent quasiment comme une fonction en escalier, produisant deux paliers visibles mais réels dans le graphique de rendement marginal (voir ci-dessus). Enfin, la taxe locale sur le revenu (jibang-sodeuk-se) -- une taxe distincte, perçue par les collectivités locales et non par le service national des impôts -- est égale à 10 % de l'impôt national dû, et modélisée comme une ligne totalement séparée dans tous les graphiques et le tableau de données, jamais fondue dans l'impôt national.
4. Assurance emploi et cotisations exclusivement employeur
Le volet allocations chômage de l'assurance emploi reste à 1,8 % combiné (0,9 %/0,9 %) pour 2026 ; une proposition de le relever à 2,0 % a été examinée le 1er septembre 2026 mais concerne explicitement une mise en oeuvre future (2027/2028) et n'est pas modélisée ici. Les employeurs paient en outre seuls : la cotisation de stabilité de l'emploi et de développement des compétences professionnelles (0,25 % à 0,85 % selon la taille de l'entreprise ; ce module retient le taux du plus petit employeur, 0,25 %, comme convention illustrative), la cotisation du fonds de garantie des créances salariales (relevée de 0,06 % à 0,09 % pour 2026, première revalorisation depuis 2015), et l'assurance accidents du travail (moyenne nationale de 1,47 %, gelée pour la troisième année consécutive, retenue comme taux de référence illustratif).
5. Indicateurs produits
- Net avant impôt : salaire brut diminué des cotisations sociales salariales.
- Net après impôt : net avant impôt diminué de l'impôt national et de la taxe locale.
- Coût employeur : salaire brut augmenté de l'ensemble des cotisations employeur.
- Coin social : différence entre le coût employeur et le net avant impôt.
- Coin socio-fiscal : différence entre le coût employeur et le net après impôt.
- Rendement marginal : part d'un won supplémentaire de salaire brut conservée avant et après impôt sur le revenu.
6. Indice du Lab
L'Indice du Lab mesure l'efficacité salariale du coût du travail, indépendamment de l'impôt sur le revenu. Lab-E = 100 × salaire net avant impôt / coût employeur, Lab-B = 100 − Lab-E. Particularité sud-coréenne : les taux de cotisation salarié et employeur étant des pourcentages plats du salaire sans exonération liée au salaire minimum (à la différence de la Pologne), Lab-E est mathématiquement CONSTANT en dessous du plafond de cotisation retraite (~3,06x), ce que ce module documente explicitement plutôt que de le présenter comme une anomalie. Aucun allègement employeur ciblé et dégressif n'est modélisé : l'indicateur Lab-R ne s'applique donc pas ici.
7. Limites du scénario
Le plafond de l'assiette de cotisation retraite nationale est figé au niveau du second semestre 2026 pour l'ensemble du calcul annuel (voir section 1). Le taux d'assurance accidents du travail (1,47 %) est une moyenne nationale illustrative ; la tarification réelle varie de 0,7 % à plus de 18 % selon la classe de risque de l'industrie. Le taux de la cotisation de stabilité de l'emploi et de formation (0,25 %) est celui du plus petit employeur ; la fourchette réelle va jusqu'à 0,85 % selon la taille de l'entreprise. Le plafond mensuel combiné de la prime d'assurance maladie et le plancher de l'assiette de cotisation retraite sont modélisés mais ne sont jamais atteints sur la grille de salaire retenue ici. La hausse programmée du taux d'assurance emploi (1,8 % à 2,0 %), en discussion pour une mise en oeuvre à partir de 2027/2028, n'est pas modélisée. Aucun crédit d'impôt spécial détaillé (frais médicaux, éducation, dons, primes d'assurance privée) ni dispositif familial (conjoint, personnes à charge) n'est modélisé : le profil de référence est un salarié célibataire sans enfant ne bénéficiant que des abattements automatiques et universels. Le mécanisme réel d'arrondi de l'assiette de cotisation retraite à la tranche de 10 000 KRW la plus proche n'est pas modélisé. Ces limites sont assumées afin de produire un scénario central stable et comparable aux autres modules nationaux du Labor Cost Lab.