Chili · module socio-fiscal 2026
Le Chile Labour Cost Lab simule le coût du travail au Chili à partir d'un profil salarié standard, célibataire sans enfant, en contrat à durée indéterminée. Il combine l'Ingreso Mínimo Mensual (IMM) comme référence salariale, la gratification légale mensuelle (Code du travail, Art. 50), les cotisations AFP côté salarié (10 % + commission) et côté employeur (nouvelle cotisation issue de la réforme des pensions de 2025-2026, inédite dans l'histoire chilienne), l'assurance maladie (7 %), l'assurance chômage (AFC), l'assurance accidents du travail (Loi 16.744) et l'impôt unique de deuxième catégorie (IUSC), un barème mensuel progressif à 8 tranches.
L'objectif est de mesurer, sur une échelle allant de 0,80 à 6 fois l'IMM chilien, la façon dont un peso de salaire brut se transforme en revenu net pour le salarié, en coût total pour l'employeur et en prélèvements sociaux et fiscaux.
Du salaire net au coût employeur
Décomposition du passage du salaire net après impôt au coût employeur total, en distinguant l'impôt sur le revenu (IUSC), les cotisations salariales (AFP, santé, AFC) et les cotisations employeur (AFC, accidents du travail, nouvelle cotisation AFP employeur).
Graphiques complémentaires
Les graphiques suivants détaillent les salaires, les taux effectifs, la répartition entre cotisations AFP, santé, AFC, accidents du travail et impôt sur le revenu, le coin socio-fiscal et le rendement marginal du salaire brut.
Coût employeur, salaire brut et salaires nets
Comparaison du salaire brut (incluant la gratification légale mensuelle), du salaire net avant impôt, du salaire net après impôt et du coût employeur selon le multiple de l'IMM chilien. Un léger changement de pente est visible vers 1,58x, lorsque la gratification légale atteint son plafond annuel (voir Méthodologie).
Taux effectifs de prélèvement
Taux salarié et employeur (cotisations AFP, santé, AFC, accidents du travail) et taux d'imposition effectif. Les taux salarié et employeur sont parfaitement plats sur toute la grille : aucun plafond de cotisation (90 UF, 135,2 UF) n'est jamais atteint entre 0,80x et 6,00x l'IMM. Seul le taux d'imposition effectif (IUSC) varie, de façon progressive.
Décomposition détaillée des cotisations, de la gratification et de l'impôt
Montant mensuel de chaque ligne de cotisation salarié et employeur, de la gratification légale (qui se stabilise vers 1,58x, voir Méthodologie) et de l'impôt sur le revenu (IUSC).
Coin social et coin socio-fiscal
Comparaison du coin social avant impôt (parfaitement plat, pour la même raison que les taux effectifs ci-dessus) et du coin socio-fiscal après impôt sur le revenu (progressif, du fait de l'IUSC).
Rendement marginal d'une hausse de salaire brut
Part d'un peso supplémentaire de salaire brut conservée avant et après impôt sur le revenu.
L'effet marginal avant impôt est constant (environ 81,9 %) sur toute la grille : les cotisations AFP, santé, AFC et accidents du travail sont des taux fixes du salaire brut, sans plafond actif entre 0,80x et 6,00x l'IMM. Seul l'effet après impôt varie, du fait des tranches progressives de l'IUSC.
Indicateurs clés
Les indicateurs ci-dessous sont calculés à l'Ingreso Mínimo Mensual chilien (multiple = 1).
Indice du Lab
Indicateurs d'efficacité salariale du coût du travail.
Aucun allègement employeur ciblé et dégressif n'est modélisé pour le Chili : l'indicateur Lab-R ne s'applique donc pas ici. Par ailleurs, Lab-E est ici une constante mathématiquement indépendante du salaire (voir Méthodologie) : c'est une particularité structurelle du module chilien, propre à un système de cotisations entièrement proportionnel et sans plafond actif sur la grille retenue.
Indice du Lab
Lab-E = 100 × salaire net avant impôt / coût employeur. Constant à 76,72 sur toute la grille (voir Méthodologie).
Transmission marginale
Part d'un peso supplémentaire de coût employeur allant au salarié net.
Progressivité implicite
Variation de Lab-E lorsque le niveau de salaire augmente. Nulle partout (voir Méthodologie) : aucun plafond de cotisation n'est jamais atteint sur cette grille.
Destination marginale d'un peso supplémentaire de coût employeur
Répartition marginale entre salaire net, cotisations salarié et cotisations employeur.
Données
Le jeu de données chilien peut être téléchargé au format CSV. Il contient l'ensemble des points de salaire simulés pour le profil standard : salaire de base, gratification légale, cotisations AFP/santé/AFC, accidents du travail, impôt sur le revenu, coût employeur et indicateurs de coin socio-fiscal.
Données du profil standard
Salarié standard
| Multiple | Salaire de base (CLP) | Gratification légale (CLP) | Salaire brut (CLP) | AFP compte individuel (CLP) | Commission AFP (CLP) | Santé 7 % (CLP) | AFC salarié (CLP) | Net avant impôt (CLP) | Impôt sur le revenu (CLP) | Net après impôt (CLP) | Cotisations employeur (CLP) | Coût employeur (CLP) | Coin social (CLP) | Coin socio-fiscal (CLP) | Taux employeur | Coût / net après impôt |
|---|
Salaire brut = salaire de base + gratification légale mensuelle. Cotisations employeur = AFC + accidents du travail + nouvelle cotisation AFP employeur (compte individuel + SIS/CEV + CRP). Voir l'onglet Méthodologie.
Méthodologie
Le module Chili repose sur une simulation réglementaire du coût du travail pour un salarié standard, célibataire sans enfant, à temps plein, en contrat à durée indéterminée. Le salaire de base est calculé comme multiple de l'Ingreso Mínimo Mensual (IMM) mensuel. Le IMM chilien a augmenté deux fois en 2026 (539 000 CLP du 1er janvier au 30 avril, puis 553 553 CLP à compter du 1er mai) ; ce module retient le taux applicable à la majorité de l'année civile (8 mois sur 12) : 553 553 CLP.
1. Gratification légale (Code du travail, Art. 50)
La loi chilienne impose aux employeurs bénéficiaires de redistribuer une partie de leurs profits, selon l'un de deux mécanismes : l'article 47 (30 % des bénéfices nets annuels) ou l'article 50 (25 % de la rémunération imposable annuelle de chaque salarié, plafonnée à 4,75 fois UN mois d'IMM par an -- et non 4,75 fois un IMM annuel). Ce module retient l'article 50, le mécanisme le plus répandu. Juridiquement, il s'agit d'un avantage annuel régularisé en avril de l'année suivante, mais la pratique de paie chilienne très largement répandue -- reprise par la quasi-totalité des calculateurs de salaire net en ligne -- consiste à verser, imposer et cotiser cette gratification chaque mois comme une ligne distincte et permanente de la fiche de paie. Ce module retient cette convention mensuelle : à la différence du TFR italien ou du 13e mois philippin (éléments différés ne relevant que du coût employeur dans ce Lab), la gratification chilienne fait ici partie intégrante du salaire net et du coût employeur mensuels.
La formule est : gratification mensuelle = min(25 % × salaire de base mensuel, plafond mensuel), où le plafond mensuel équivaut à 4,75 × IMM / 12 = 219 114,73 CLP. Ceci crée un coude réel et unique dans la gratification (et donc dans le salaire brut, le salaire net et le coût employeur) au multiple où 25 % du salaire de base dépasse ce plafond mensuel : 4,75 / 3 = 1,5833... soit environ 1,58x l'IMM de référence. Ce coude est visible dans les graphiques de niveau (coût, décomposition détaillée) mais, fait notable, n'affecte AUCUN graphique de taux ou de rendement marginal de ce module (voir section 5) : ce n'est pas une erreur de modélisation.
2. Cotisations AFP (retraite)
Côté salarié : 10 % de l'assiette (plafonnée) vers le compte de capitalisation individuelle, plus une commission d'administration variable selon l'AFP choisie. Ce module retient la commission la plus basse du marché (AFP Uno, 0,46 % depuis octobre 2025) comme taux de référence illustratif -- taux combiné salarié : 10,46 %.
Côté employeur : pour la première fois de l'histoire chilienne, la réforme des pensions de 2025 (Loi 21.735) a créé une cotisation employeur entièrement nouvelle, montant en charge progressivement : 1 % du 1er août 2025 au 31 juillet 2026 (0,1 % compte individuel + 0,9 % Seguro Social/SIS), puis 3,5 % du 1er août 2026 au 31 juillet 2027 (0,1 % compte individuel + 2,5 % SIS/CEV + 0,9 % Cotización de Reparto Protegido, CRP, un fonds mutualisé). Ce module retient le taux de 3,5 % (en vigueur d'août à décembre 2026) comme référence pour l'année 2026, bien que le taux de 1 % s'applique en réalité à davantage de mois de l'année civile (7 mois contre 5) -- choix documenté, motivé par le fait que 3,5 % est le taux en vigueur en fin d'année et le seul qui inclut la composante CRP, inédite avant août 2026 (voir Limites). Le taux continuera d'augmenter chaque année jusqu'à 7 % en 2033.
3. Santé, assurance chômage (AFC) et accidents du travail
L'assurance maladie est un taux légal minimal de 7 % (Fonasa ou Isapre au choix du salarié ; les primes Isapre spécifiques à un plan, généralement supérieures à ce minimum, ne sont pas modélisées). L'assurance chômage (Seguro de Cesantía, AFC), pour un contrat à durée indéterminée : 0,6 % salarié, 2,4 % employeur. L'assurance accidents du travail et maladies professionnelles (Loi 16.744) est entièrement à la charge de l'employeur : ce module retient le taux de base de 0,90 %, une cotisation additionnelle variable (0 % à 3,4 % selon la sinistralité de l'employeur) n'étant pas modélisée.
Les cotisations AFP, santé et accidents du travail sont plafonnées à 90 UF/mois ; l'AFC est plafonnée séparément à 135,2 UF/mois. L'Unité de Fomento (UF) étant réévaluée quotidiennement, ce module fige sa valeur au 1er janvier 2026 (39 731,79 CLP) pour l'ensemble du calcul. Aucun des deux plafonds n'est jamais atteint sur la grille de salaire 0,80x-6,00x retenue ici.
4. Impôt sur le revenu (Impuesto Único de Segunda Categoría, IUSC)
L'IUSC est, à la différence du barème polonais ou lituanien de ce Lab, un impôt directement MENSUEL (et non annualisé) : ses tranches sont exprimées en Unité Tributaire Mensuelle (UTM), une unité réévaluée chaque mois. Le barème comporte 8 tranches (0-13,5 UTM exonéré, jusqu'à 40 % au-delà de 310 UTM), calculées via la formule officielle du SII (impôt = revenu × facteur - montant à rebaisser). Ce module fige la valeur UTM de janvier 2026 (69 751 CLP) pour l'ensemble du barème. La base imposable est la rémunération imposable totale (salaire de base + gratification légale mensuelle) diminuée des cotisations obligatoires du salarié (AFP + commission, santé, AFC), déductibles de la base IUSC en droit chilien.
5. Une particularité structurelle : Lab-E constant
Parce que chaque cotisation AFP/santé/AFC/accidents du travail modélisée dans ce module est un pourcentage fixe de la rémunération imposable, et qu'aucun de leurs plafonds (90 UF, 135,2 UF) n'est jamais atteint sur la grille de salaire 0,80x-6,00x retenue ici, l'indicateur Lab-E (= 100 × salaire net avant impôt / coût employeur) se réduit algébriquement à une constante indépendante du salaire : 100 × (1 - taux salarié combiné) / (1 + taux employeur combiné) = 76,72. Le coude de la gratification légale (section 1) ne brise pas cette constance : un peso marginal est traité de la même façon, qu'il provienne du salaire de base ou de la gratification. Cette platitude est une conclusion structurelle authentique du système chilien tel que modélisé ici, et non une erreur de calcul -- elle explique pourquoi les graphiques de taux effectifs, de coin social avant impôt, de rendement marginal avant impôt et de progressivité implicite sont, pour l'essentiel, des droites horizontales sur toute la grille : seul l'IUSC, progressif, introduit une variation réelle dans ce module.
6. Indicateurs produits
- Net avant impôt : salaire brut (salaire de base + gratification) diminué des cotisations salariales (AFP, santé, AFC).
- Net après impôt : net avant impôt diminué de l'impôt sur le revenu (IUSC) mensuel.
- Coût employeur : salaire brut augmenté des cotisations employeur (AFC, accidents du travail, nouvelle cotisation AFP employeur).
- Coin social : différence entre le coût employeur et le net avant impôt.
- Coin socio-fiscal : différence entre le coût employeur et le net après impôt.
- Rendement marginal : part d'un peso supplémentaire de salaire brut conservée avant et après impôt sur le revenu.
7. Indice du Lab
L'Indice du Lab mesure l'efficacité salariale du coût du travail, indépendamment de l'impôt sur le revenu. Lab-E = 100 × salaire net avant impôt / coût employeur, Lab-B = 100 − Lab-E. Aucun allègement employeur ciblé et dégressif n'est modélisé pour le Chili : l'indicateur Lab-R ne s'applique donc pas ici. Comme expliqué en section 5, Lab-E est ici une constante (76,72) sur toute la grille.
8. Limites du scénario
La commission AFP (0,46 %) est celle de l'AFP la moins chère du marché ; la fourchette réelle va de 0,46 % à 1,45 % selon l'AFP choisie. Le taux d'assurance accidents du travail (0,90 %) est le taux de base uniquement. La nouvelle cotisation employeur issue de la réforme des pensions est modélisée à son taux du second semestre 2026 (3,5 %), alors que le taux du premier semestre (1 %) s'applique en réalité à davantage de mois de l'année civile -- choix documenté en section 2. Seul le contrat à durée indéterminée est modélisé pour l'AFC (le contrat à durée déterminée n'a pas de cotisation salariale mais une cotisation employeur pleine de 3,0 %, non modélisée). La gratification légale est modélisée selon la convention de versement mensuel, une simplification du mécanisme légal réel (avantage annuel régularisé en avril avec ajustement IPC des avances). Les valeurs UF (1er janvier 2026) et UTM (janvier 2026) sont fixées et ne varient pas au sein du module, alors qu'elles évoluent respectivement chaque jour et chaque mois en réalité. Aucun dispositif particulier (épargne prévisionnelle volontaire APV, régime Isapre au-delà du minimum légal, allocations familiales, autres crédits ou allègements) n'est modélisé : le profil de référence est un salarié célibataire sans enfant, en contrat à durée indéterminée, affilié à l'AFP la moins chère et au système public de santé au taux minimal. Ces limites sont assumées afin de produire un scénario central stable et comparable aux autres modules nationaux du Labor Cost Lab.